Lithium – Le sauveur

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Pendant des siècles, les personnes souffrant des de la maladie mentale étaient stigmatisées dans la société. Elles continuent à l’être. Si les attitudes commencent à changer aujourd’hui, les troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires restent un sujet tabou dans beaucoup de sociétés. Cependant, la communauté scientifique n’a jamais été du reste, car il faut, non seulement aider dans la déstigmatisation, mais aussi chercher des cures. C’est ainsi qu’en 1944, D.K. Henderson et R.D. Gillepsie expliquent que dans leurs recherches, ils avaient constaté que certaines eaux dans les Iles britanniques soulageaient fortement des personnes vivant avec des troubles maniaques (Textbook of Psychiatry, p.3). L’efficacité supposée de ces eaux était une efficacité réelle et directement proportionnelle à leur teneur en lithium.

C’est depuis le début du vingtième siècle que certaines recherches avaient été publiées pour démontrer que prendre un complément de carbonate de lithium et/ou de citrate de lithium est indiqué dans le traitement curatif des états d’excitation maniaque ou hypomaniaque et la prévention des rechutes (dépressives ou maniaques) des troubles bipolaires et des états schizo-affectifs intermittents.

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Un médicament efficace pour les troubles bipolaires

En effet, les propriétés anti-maniaques du lithium ont été mises en évidence en 1949 par le psychiatre australien, John CADE, qui, en travaillant sur l’urine de patients et sur des modèles expérimentaux, avait observé que le lithium avait un effet apaisant marqué chez des patients maniaques. Il démontra que le lithium pourrait protéger les neurones contre le stress et la dégénérescence, réduire certains mécanismes inflammatoires dans le cerveau, favoriser des mécanismes de réparation cellulaire et limiter l’accumulation de protéines anormales impliquées dans ces maladies. Il démontra ainsi que le lithium constitue le traitement de référence dans le traitement de psychose maniaco-dépressive ou des troubles bipolaires ce qui constitua une avancée majeure en psychiatrie.

Un complément prometteur pour l’Alzheimer et le Parkinson

Pour le neurologue américain, Thomas Guttuso Jr, le complément de lithium peut aussi ralentir et prévenir la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Le lithium a le potentiel de prévenir en partie la neurodégénérescence, de ralentir l’évolution de ces maladies et de préserver plus longtemps la cognition ou la motricité. « Pour l’Alzheimer et le Parkinson, le lithium est prometteur comme piste neuroprotectrice, mais il n’est pas prouvé au point d’être un traitement de référence », écrit Dr. Guttuso.

Cependant le généticien moléculaire allemand, Dr. Michael Nehls va plus loin et affirme dans son livre paru en 2025 The Conspiracy Against Lithium: The Suppressed Essential Nutrient and its Benefits for Mental Health que le lithium est l’antidote contre la maladie d’Alzheimer. Il montre comment une carence en lithium contribue à la dépression, à la maladie d’Alzheimer, à l’agressivité, au suicide et à l’effondrement de la société — alors que cet élément reste interdit ou censuré en tant que complément alimentaire dans une grande partie du monde.

Qu’est-ce qu’est le lithium ?

Le terme « lithium » provient du mot grec lithos qui signifie « pierre ». Il a été découvert en 1817 par un chimiste suédois Johan August Arfwedson durant ses analyses sur une roche qui s’appelle pétalite. Son symbole chimique est « Li ». Le lithium est le métal le plus léger de notre planète. Sa densité, égale à 0,534, est inférieure à celle de l’eau. Son numéro atomique est 3,  le troisième dans la classification des éléments après l’hydrogène et l’hélium ; cette position sur le tableau périodique en fait l’atome solide le plus petit sur Terre. « Il s’oxyde facilement ; de ce fait, il n’existe pas à l’état natif » (Mupepele, p. 139).

Bien que le lithium soit le plus léger de tous les métaux, il possède le potentiel électrochimique le plus élevé et offre la plus grande énergie spécifique par unité de poids. Cependant, le lithium métallique étant intrinsèquement instable, notamment pendant la charge, on s’est tourné vers une solution non métallique utilisant des ions lithium. Les inventeurs de la batterie au lithium-ion qui équipe smartphones et voitures électriques sont l’Américain John Goodenough, le Britannique Stanley Whittingham, et le Japonais Akira Yoshino. Ils avaient obtenu le prix Nobel de chimie en 2018.

Extraction du lithium

En tant que minerai, le lithium se trouve à l’état naturel dans des gisements de roche dure

ou dans des lacs salés (salares). Donc, le lithium est extrait principalement de deux sources naturelles :

  • Did you know? The Lithium Triangle formed by Chile, Bolivia and Argentina, has nearly half of the world's known Lithium reserves. And everyone wants Lithium! From batteries to phones to laptops toles saumures des lacs salés continentaux (principalement dans ce qu’on appelle communément le triangle du lithium composé de l’Argentine, de la Bolivie et du Chili et considéré comme l’un des gisements de saumures de lithium les plus importantes et les plus riches au monde (59% des réserves mondiales), mais la participation de ces trois pays à la production mondiale est relativement faible. La Bolivie, qui figure parmi les pays disposant d’importantes ressources, fait profil bas en ce qui a trait aux réserves. Dans cet état, le lithium est dissous sous forme de chlorure de lithium.
  • les roches granitiques appelées pegmatites, où il se trouve dans des minéraux comme le spodumène, la pétalite et la lépidolite. L’Australie abrite la plus grande mine de lithium en roche dure du monde. L’extraction du lithium à partir du spodumène est un processus complexe mais essentiel. La méthode par saumure est moins coûteuse mais plus lente (12 à 18 mois d’évaporation) et produit un lithium moins pur. Le spodumène permet de répondre plus rapidement à la demande en forte croissance en batteries pour véhicules électriques. Selon les estimations actuelles, les roches fournissent environ 60 % de la production mondiale de lithium, contre 30 % pour les saumures, le reste venant d’autres sources.

Production du lithium dans le monde

La production commerciale de lithium commença en 1923 par la firme allemande Metallgesellschaft AG qui utilisa l’électrolyse d’un mélange de chlorure de lithium et de chlorure de potassium fondu. Si au début, 6 % de la production mondiale de lithium seulement était destinée aux batteries, elle en représente aujourd’hui 35 %. « En 2025, la production mondiale de lithium a augmenté de 31 %, passant de 222 000 tonnes en 2024 à environ 290 000 tonnes (selon le USGS), en réponse à la forte demande du marché des batteries lithium-ion, aux prix élevés du lithium entre 2021 et début 2023, ainsi qu’à l’augmentation des capacités de production mondiales de lithium. La consommation mondiale de lithium en 2025 a été estimée à 263 000 tonnes, soit une hausse de 20 % par rapport à la consommation de 220 000 tonnes enregistrée en 2024. Les craintes d’une offre excédentaire de lithium à court terme ont maintenu les prix à un niveau bas au cours du premier semestre 2025. Cependant, la forte croissance des ventes de véhicules électriques en Chine et en Europe, ainsi que la demande accrue de systèmes de stockage d’énergie par batterie, ont contribué à la hausse des prix du lithium au cours du second semestre 2025 » (USGS – Mineral Commodity Summaries 2026, p. 122).

Selon ce rapport, l’Australie reste le chef de fil de la production du lithium dans le monde en 2025.

Pays Réserves/tonnes Production/tonnes/2025
Australie 10 000 000 92 000
Chine 10 000 000 62 000
Chili 13 000 000 56 000
Zimbabwe 860 000 28 000
Brésil 1 400 000 12 000
Mali 1 200 000 9 800

Le Nigéria vient d’entrer dans le jeu en mettant en service ce qui est décrit comme la plus grande usine de traitement de lithium d’Afrique de l’Ouest dans l’État de Nasawara avec une capacité de traitement de 6 000 tonnes métriques par jour. Le Nigéria marque une étape importante dans la volonté de ce pays de passer de l’exportation des minéraux bruts à la valorisation nationale et à l’exploitation industrielle.

Et la RDC ?

Demande-t-on ! Tout ce qui concerne le lithium en RDC se passe dans la ville ou le territoire de Manono. Un potentiel eldorado enlisé dans l’ombre de la misère. Manono from the air

Vue aérienne de Manono – Photo de Tom Skrinar

Si les Américains produisent des TV réalités avec leurs stars, le Congo vit des soap operas tous les jours avec sa première génitrice des devises : les minerais. Selon le USGS, la RDC renferme 3 000 000 des ressources indiquées et mesurées de lithium, concentrées dans la province du Tanganyika, principalement dans la ville et territoire de Manono. C’est l’un des plus grands gisements de lithium non développés au monde.

Mais quelle tragédie autour de ce minerai qui devrait déjà générer des millions à la République, mais qui a été soumis à des tergiversations sans nom où rien ne s’explique légalement sinon politiquement entre ces sociétés Cominière (Congolaise d’Exploitation minière – une entreprise de l’État), Dathomir de Simon Kong, l’actionnaire original qui avait vendu ses parts à l’Australien AVZ Minerals, qui, à son tour, a créé Green Lithium Holdings (société d’investissement pour le projet) et Dathcom Mining (opérateur minier qui avait effectué l’exploration du site de 2017 à 2021) jusqu’à obtenir le permis d’exploitation 13359 en avril 2022, permis qui lui fut retiré en novembre de la même année.

Une histoire folle qui avait emmené tous ces actionnaires à la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce international et au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) ainsi qu’à la Haute Cour de Kalémie et au Tribunal de Commerce de Lubumbashi, parfois à l’insu d’un des protagonistes. Allez-y comprendre ! Et l’implication des enquêtes de l’Inspection générale des Finances (IGF) en 2022/2023 avaient démontré des irrégularités hors pair dans toutes les transactions effectuées dans le cadre de ce gisement de lithium. Un imbroglio qui a duré pendant des années, retardant ainsi l’exploitation du lithium congolais dont le monde a vraiment besoin aujourd’hui.

pile of lithium Maintenant que les eaux se sont calmées, le groupe Zijin Mining (côté à la bourse de Hong-Kong et de Shangaï) à travers sa coentreprise Manono Lithium (à qui Cominière avait vendu à prix vil 15% de ses 25% d’actions dans AVZ en défiant le droit de préemption de cette dernière) a annoncé qu’il s’apprête à démarrer en juin la première extraction du carbonate de lithium en RDC sur le même PE13359 dans la partie Nord du gisement (125 carrés miniers) ; la partie sud (96 carrés miniers) étant réservée à AVZ, qui avait obtenu gain de cause à la CCI et se bat toujours pour la restitution de son permis.

Un autre acteur de taille est entré en jeu, Kobold Metals (soutenu par Bill Gates et Jeff Bezos), une société américaine qui a obtenu du gouvernement congolais en 2025 la permission d’acquérir et de développer le gisement de lithium de Roche Dure situé à Manono qui, selon AVZ, héberge 400 millions de tonnes de ressources minérales. Vu le contentieux opposant AVZ, Zijin et Cominière (qui représente le gouvernement congolais), KoBold avait proposé de débloquer la situation en rachetant une partie du projet et en indemnisant AVZ pour une partie de ce que représente son permis. Pour ce faire, AVZ Minerals avait décidé de suspendre temporairement la procédure d’arbitrage engagée contre la République Démocratique du Congo devant le CIRDI.

Zoom-éco RDC avait rapporté dans une de ses éditions que « le 7 mai 2025, un accord-cadre a été conclu entre AVZ et la société américaine KoBold Metals. Il prévoit une compensation équitable en échange de la cession des parts détenues par AVZ, ainsi que la suspension du recours au CIRDI. Cette décision, désormais officielle, a été validée par le tribunal arbitral ‘conformément à l’accord des parties’ ».

En avril 2026, KoBold Metals, une société spécialisée dans l’exploration et l’exploitation minières s’appuyant sur l’intelligence artificielle, a annoncé le lancement de la plus grande campagne d’exploration de lithium de l’histoire : un programme d’envergure, axé sur la technologie, couvrant 13 permis d’exploration en République démocratique du Congo (RDC). Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold Metals-RDC, a déclaré : « KoBold RDC dispose des outils et du mandat nécessaires pour y parvenir. Ce que nous construisons ici, c’est un modèle illustrant comment la technologie américaine et les talents congolais peuvent s’associer pour créer quelque chose dont le monde a besoin. » (Reuters, 13 avril 2026)

Selon les informations de la dernière minute qui nous sont parvenues, Manono Lithium a exporté ce mois 10 000 tonnes de concentrés de lithium. Nous n’allons pas nous étendre là-dessus, car, apparemment, toute cette opération est assez opaque. Donc, la RDC devra encore attendre quelques années pour voir les retombées du lithium dans le Trésor public et les communautés du Tanganyika.

Lithium dans les batteries

Le lithium, un métal hautement réactif, est considéré comme le « pétrole blanc » de l’ère des énergies renouvelables, essentiel dans la transition énergétique. L’hydroxyde de lithium, obtenu à partir d’une réaction chimique entre le carbonate de lithium et l’hydroxyde de calcium, est utilisé dans les batteries des véhicules électriques et des téléphones portables. La batterie lithium-ion peut stocker 3 à 4 fois plus d’énergie par unité de masse que les autres technologies de batteries. Chaque batterie de smartphone contient deux à trois grammes de lithium et un ordinateur 30 grammes, tandis qu’une batterie de véhicule requiert plus de 20 kilos du métal.

Quant à son fonctionnement, lorsque la batterie se charge, les ions de lithium Li+ quittent l’électrode positive (la cathode) et sont stockées dans l’électrode négative (l’anode). Quand elle se décharge, c’est-à-dire quand elle produit le courant électrique, les ions Li+ font le mouvement inverse

Schéma principe de fonctionnement d'une batterie lithium-ion En outre, il améliore la durabilité, la résistance à la corrosion et la résistance thermique des produits en verre utilisés dans les cuisinières à surface de cuisson en vitrocéramique, les récipients en verre, les produits de verre de spécialité et la fibre de verre. Ses propriétés améliorent la productivité et réduisent la consommation d’énergie dans le procédé de fabrication du verre.

Avec la réduction du cobalt dans les batteries des véhicules électriques, le lithium reste le métal de choix pour la plupart de constructeurs dont le géant chinois BYD, un pas emboité par Tesla, CATL et bien d’autres.

Utilisation du lithium dans le monde en 2024 (Ressources naturelles, Canada)

Enfin, le lithium ne sauve pas seulement les vies des personnes atteintes des troubles mentaux, il sauve également l’humanité dans la course vers les émissions zéro de la planète. Ainsi, il reste le matériau dominant dans la fabrication des batteries destinées aux véhicules électriques et devrait le rester tout au long de la décennie à venir. Aucune technologie concurrente n’égale actuellement sa combinaison de performances, d’échelle de production et d’acceptation commerciale. L’électrification des transports, de l’industrie et des systèmes énergétiques nécessite toujours d’énormes quantités de lithium. La croissance de la demande reste intacte. (Source : Juan Ignacio Guzmán, CEO of GEM Mining Consulting, 9 juin 2026, mining.com)

La Chine reste le leader du marché de lithium, même si elle n’a pas autant de réserves que le « triangle de lithium ». Bien sûr, son industrie reçoit des subventions de l’État. Mais la croissance économique de la Chine ralentit. La demande intérieure est faible et la guerre en Iran fait baisser les cours du pétrole. Du coup, les exportations du pays ne sont plus aussi fortes qu’avant comme l’attestent les premières données complètes du PIB pour un trimestre entier depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février. « On observe la plus faible croissance trimestrielle depuis la fin 2022 », a déclaré le Bureau national des statistiques chinois dans un communiqué. Il a ajouté que les facteurs externes d’instabilité et d’incertitude sont plus nombreux et qu’il y a trop d’offres et pas assez de demandes dans l’économie du pays.

Vu ces circonstances, la Chine se prépare à arrêter les subventions pour les constructeurs automobiles. Que va-t-il arriver au lithium ? L’avenir nous le dira.

Références

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