Le démon dans le cobalt congolais – Janvier 26

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Kobald – esprit maléfique

Dans les années 1500, des mineurs saxons à la recherche de métaux précieux ont découvert un minerai malodorant, riche en arsenic et difficile à traiter. Croyant qu’il était maudit, ils l’ont baptisé « kobald », qui signifie « esprit maléfique ». Le mot a évolué et a été utilisé pour la première fois en latin, « cobaltum », en 1522, puis en français, « cobalt », en 1549, par Pierre Belon.

Ce n’est qu’en 1735 que le chimiste suédois Georg Brandt a isolé le cobalt en tant qu’élément distinct, prouvant qu’il était responsable de la couleur bleue du verre et de la céramique, et, plus tard, de la production de la porcelaine.
Au cours du XIXe siècle, la valeur industrielle du cobalt s’est accrue, ses alliages améliorant la dureté et la résistance à la chaleur de l’acier. En 1938, John Livingood et Glenn Seaborg ont découvert l’isotope radioactif du cobalt 60, ouvrant un nouveau chapitre dans ses applications scientifiques et technologiques.

Qu’est-ce que le cobalt ?

Le cobalt est un métal dur, brillant, gris argenté, actuellement principalement utilisé comme matériau cathodique dans les batteries lithium-ion et d’autres types de batteries. Il est également utilisé dans les aimants puissants, les outils de coupe et les alliages à haute résistance dans les secteurs de l’aérospatiale, de l’énergie et de la défense. Les composés du cobalt sont utilisés depuis l’Antiquité comme pigments (bleu de cobalt) pour la poterie, le verre et les peintures, voire comme constituant de la vitamine B12.

Le nombre 27 est son numéro atomique. Environ 98 % du cobalt est extrait en tant que sous-produit du cuivre en République démocratique du Congo, qui détient environ 80 % des réserves mondiales, et en Zambie, etc., de nickel sulfuré en Russie, au Canada, en Australie, etc., ou de minerai de nickel latéritique à Cuba, en Indonésie, en Australie, aux Philippines, à Madagascar, etc. Quant au cobalt produit en tant que substance principale, il provient exclusivement de la mine de Bou-Azzer, au Maroc, et il représente 1 à 2% de la production mondiale.
Alors que les réserves mondiales en cobalt sont estimées à 7,1 millions de tonnes selon le United States Geological Survey (USGS), les ressources terrestres sont, pour leur part, évaluées à 25 millions de tonnes, et celles situées dans les fonds océaniques à 120 millions de tonnes.

Comment extrait-on le cobalt du cuivre ? Le cas de Tenke Fungurume Mining (TFM)

Le gisement de TFM est un minerai oxydé contenant entre 0,2 et 0,3 % de cobalt, exploité à ciel ouvert. Après le concassage et le broyage, le minerai est soumis à la lixiviation, au cours de laquelle il est mélangé à une solution d’acide sulfurique. Cela produit une solution imprégnée contenant du sulfate de cuivre et du sulfate de cobalt. Cette solution est envoyée à l’extraction par solvant (SX). On y ajoute un solvant organique qui capte sélectivement le cuivre. Celui-ci est envoyé en électrolyse pour traitement afin d’obtenir du cuivre cathodique à 99,99 %. La solution aqueuse restante (le raffinat) est traitée pour récupérer le cobalt par neutralisation du pH à l’aide de chaux ou de soude. Cela précipite les impuretés résiduelles (fer, aluminium, manganèse…). Ensuite, on élève encore le pH, ce qui fait que le cobalt précipite sous forme d’hydroxyde de cobalt qui est enfin lavé, séché et emballé pour l’exportation vers la Chine, qui le raffine et obtient le cobalt métallique.

Usage du cobalt

Selon les données du Cobalt Institute de 2024, voici le pourcentage de l’usage de cobalt dans le monde :

  • 30% dans les portables
  • 8 % dans les superalliages
  • 4% dans les métaux durs
  • 3% comme élément catalyseur dans l’industrie chimique et pétrolière
  • 3% dans les autres batteries
  • 9 % pour d’autres domaines (pigmentation, savons, pneus, industrie pharmaceutique, etc.).

Qui produit du cobalt en RDC ?

Le cobalt est produit dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba et environ 80% de cette production est exportée vers la Chine. La production porte essentiellement sur des produits à faible valeur ajoutée, notamment des sels, des concentrés, des hydroxydes et des carbonates de cobalt, ainsi que des alliages blancs. La majorité de cette production est assurée par de grands opérateurs miniers internationaux qui ont signé des partenariats avec la Gécamines et les 10 principaux sont les suivants :

  1. Kisanfu Mining (KFM), actionnariat à 100 % chinois (71 % – CMOC ; 23 % – CATL), exploite un gisement de cobalt à très haute teneur. Vendu aux Chinois par les Américains pour 550 millions d’USD, il réalise aujourd’hui, avec son usine métallurgique, un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’USD.
  2. Tenke Fungurume Mining (actionnariat de 80 % pour TFM Holding et de 20 % pour Gécamines) – la production combinée des deux entreprises contrôlées par CMOC s’élève à environ 36 000 tonnes de cobalt en 2025. Selon cette entreprise, de 2006 à 2024, les contributions totales de TFM, provenant du cuivre et du cobalt, versées au gouvernement congolais ont atteint environ 7,026 milliards de dollars.
  3. Sicomines (Sino-Congolaise des Mines), du groupe Zhejiang Huayou Cobalt, l’un des plus grands producteurs de cobalt raffiné en Chine, détient une participation majoritaire dans Congo Dongfang International Mining (CDM) et Minière de Kasombo (Mikas). CMOC détient 5 % des actions de Sicomines, qui, en 2024, a versé à la RDC 324 millions d’USD en redevances et autres charges.
  4. Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining SARL (MUMI), (actionnariat – 75% Glencore et 25% Gécamines). En 2024, Glencore avait versé un total de 524,628 millions d’USD au gouvernement congolais (2024 Payments to Governments Report). Glencore est le seul opérateur minier en RDC à produire du cobalt raffiné.
  5. Le Kazhak Eurasian Ressources Group (ERG), opérateur de Boss Mining, Frontier, Comide, Swanmines, Congo Cobalt Corporation (CCC) et Metalkol RTR – (actionnariat – 40% République du Kazakhstan, 50% actionnaires privés et 10% gouvernement congolais) – produit des concentrés de cobalt. Selon ERG, en 2024, il a versé un total d’environ 378 millions d’USD au gouvernement congolais en termes de redevances et autres charges.

6.      Ruashi Mining (actionnariat 75% – Jinchuan Group International Resources Co., Ltd et Gécamines – 25%)

  • Chemaf (Chemicals of Africa, filiale indienne de Shalina Metals dont le gouvernement congolais détient 5 % des actions) produit de l’hydroxyde de cobalt. Il est en difficulté financière et cherche un preneur.
  • Société des Terrils de Lubumbashi (STL)/GTL, dont l’actionnaire majoritaire est la Gécamines depuis 2019, produit

Du cobalt sous forme d’alliages à partir des scories.

  • Gécamines – une entreprise de l’État – produit de l’hydroxyde de cobalt. Les dernières statistiques de sa production

Le cobalt date de 2022 avec une production de 19 907 tonnes (Rapport ITIE, 2022).

  1. Entreprise Générale de Cobalt (ECG) – une entreprise de l’État, qui achète la production issue de l’artisanat minier.

Quelques chiffres

Le rapport annuel du ministère des Mines de 2024 indique que la province du Lualaba a exporté 2 342 356,03 tonnes de cuivre, 200 972,04 tonnes de cobalt et 1 109,94 tonnes de manganèse ; le tout pour une valeur de 24 733 767 541,94 USD, et a produit, en termes de redevance à 100 % pour l’État congolais, une somme de 1 059 505 878,76 USD. Selon l’ITIE (Initiative pour la Transparence des industries extractives), « les recettes budgétaires proviennent des impôts directement basés sur le chiffre d’affaires ou le bénéfice et sont corrélées aux chutes des prix du cobalt, du zinc et du cuivre ». Les entreprises minières publient chaque année les paiements versés au gouvernement afin de se conformer aux principes de transparence de l’ITIE.

Prix en USD de la tonne de cobalt de 2018 à janvier 2026 selon London Metal Exchange (LME)

2018201920202021202220232024202501/2026
98 00035 00028 00052 00070 29936 16024 00052 30056 292

Production de tonnes de cobalt de 2019 à 2024 (Sources ITIE, Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière – CTCPM, Banque centrale du Congo)

201977 964
202086 591
202193 145
2022111 309
2023139 838
2024198 844

Selon l’ITIE RDC et l’agence Standard & Poor (S&P), les revenus globaux du secteur minier en milliards USD de 2020 à

2024

20202 349 542 129 USD
20213 458 717 310 USD
20227 037 780 268 USD
20235 811 897 295 USD
20244 350 000 000 USD

Les péchés mortels du cobalt congolais

Le cobalt provenant de la RDC est devenu l’un des métaux les plus controversés de la planète au point d’être appelé.

« Diamant de sang des batteries ». Essentiel aux batteries des voitures électriques et des smartphones, il traîne pourtant une réputation sulfureuse. Su principal torta ? Avoir élu domicile en République démocratique du Congo (RDC), un pays taxé d’instable et de mal organisé. Pourtant, le cobalt n’est ni plus « toxique » ni plus coûteux que d’autres métaux stratégiques. Ce sont surtout les conditions d’extraction qui dérangent certains observateurs. Ils oublient délibérément que 80% de la production de cobalt au Congo est industrielle et que seuls 20 % proviennent de l’artisanat minier. Et l’on oublie souvent que les prix de ce minerai – fixés à Londres – échappent totalement au contrôle de la RDC. Volatilité des marchés, tensions géopolitiques et dépendance industrielle mondiale : autant de facteurs qui en font un symbole des contradictions du « monde vert ».

Le spectre du travail des enfants

En RDC, l’exploitation du cobalt reste entachée par la question sensible du travail des enfants. En 2016, Amnesty International, citant des chiffres de l’UNICEF datant de 2014, indiquait que 40 000 enfants travaillaient dans les mines de Kolwezi. Un chiffre-choc, malheureusement largement repris depuis par plusieurs sources et médias. Mais différentes enquêtes, dont celle de l’agence allemande GIZ, ont révélé que ce nombre était largement surestimé. Plus récemment, une étude de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a recensé environ 6 200 enfants travaillant dans les mines du Lualaba et du Haut-Katanga en 2024.

Il sied encore de rappeler que 80 % de la production congolaise de cobalt provient de mines industrielles qui opèrent conformément aux normes internationales. C’est dans l’artisanat minier que tout l’écosystème de production demeure préoccupant. Ce secteur à lui seul représente 20 % de la production de cobalt et connaît des problèmes structurels : peu encadrés, sans zones d’exploitation formelles, les creuseurs cohabitent difficilement avec les groupes industriels miniers, un problème que le gouvernement essaie de résoudre avec beaucoup de peine.

Le poids de la Chine

Autre « péché » du cobalt congolais : sa dépendance à la Chine. Pékin est à la fois investisseur principal, raffineur et client. Selon la Banque centrale du Congo, 57,3 % de toutes les exportations congolaises étaient destinées à la Chine en 2023 et cette tendance ne montre aucun signe de se courber. Cette dominance alimente les craintes des Occidentaux qui citent une mainmise économique et un affaiblissement stratégique du pays de la part d’autres partenaires commerciaux.

Pendant ce temps, les constructeurs automobiles occidentaux brandissent la promesse de chaînes d’approvisionnement « éthiques ». Une exigence légitime, mais souvent sélective : c’est surtout parce que le cobalt provient de la RDC que cette éthique devient soudain un enjeu crucial.

Élimination et/ou réduction de cobalt dans les batteries

Pour des raisons économiques, géopolitiques et éthiques, le secteur des véhicules électriques se détourne du cobalt. Métal le plus onéreux des cathodes et dont le prix est très volatil, le cobalt pèse lourdement sur les chaînes de valeur.

Précurseur de l’électromobilité, Tesla a d’abord utilisé la formule NCM 1:1:1 (1/3 de nickel, 1/3 de manganèse et 1/3 de cobalt) dans les cathodes des modèles S et X, avant de passer à l’architecture 8:1:1, beaucoup plus riche en nickel. En septembre 2020, Elon Musk a franchi une nouvelle étape en annonçant l’adoption à grande échelle de la chimie LFP (Lithium-Fer-Phosphate) pour les modèles 3 et Y « standard », une technologie moins coûteuse et sans cobalt.

Le 29 janvier 2029, Elon Musk, qui fait face à une concurrence féroce en Chine avec BYD et en Europe avec Volkswagen et BMW, a annoncé qu’il ne produira plus les modèles S et X, malgré des améliorations apportées en 2025, dont une augmentation de l’autonomie, une réduction du bruit et une suspension plus douce. Ce sont les véhicules Tesla les plus anciens et les plus chers en termes de consommation de cobalt, et Elon Musk a expliqué qu’il veut maintenant « …

Consacrer la majeure partie de son investissement à l’intelligence artificielle, en particulier à la technologie de conduite autonome, aux robots humanoïdes et, à terme, aux puces qui sous-tendent ces ambitions promises depuis longtemps. (CNBC News)

Dans le sillage du constructeur californien, Ford, Volkswagen et le constructeur chinois BYD, ainsi que d’autres grands noms de l’automobile, intègrent à leur tour la LFP, vantant un approvisionnement en matières premières plus sûr et moins coûteux.

Parallèlement, la filière du recyclage s’organise. En Finlande, une équipe de l’Université Aalto a montré qu’il était possible de réutiliser les électrodes au lithium contenant du cobalt, et a mis au point une méthode pour extraire ce cobalt lors du recyclage afin d’éviter qu’il ne soit perdu. En outre, les industriels investissent massivement dans la R&D pour se passer du cobalt primaire : Apple s’est ainsi engagé à n’utiliser que du cobalt recyclé dans ses futures batteries.

Une conviction s’impose désormais : le monde aura encore besoin de cobalt, mais pas nécessairement de celui extrait en République démocratique du Congo.

Suspension des exportations des concentrés de cobalt par le gouvernement congolais

En juin 2025, le gouvernement congolais a suspendu les exportations de concentrés de cobalt, espérant jouer un rôle important dans la fixation des prix et, ainsi, augmenter les recettes publiques, lutter contre la fraude et encourager la raffinerie locale. Cependant, cette suspension a été décrétée sans cadre juridique précis ni les infrastructures nécessaires pour qu’elle fonctionne correctement. Par conséquent, elle a mis en évidence des problèmes systémiques plus profonds : des réglementations insuffisantes, un contrôle médiocre de la production et une élaboration des politiques imprévisible.

Face à l’absence d’une voie claire à suivre, le gouvernement a levé cette suspension en instaurant des quotas d’exportation afin de contrôler la production et d’influencer la stabilisation des prix sur le marché international. Selon la Note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo du 16 janvier 2026, le prix de la tonne est passé à 55 580 USD, soit une hausse de 6,67 % grâce à la limitation des exportations de cobalt. Cette mesure est toutefois contestée par certaines entreprises minières.

Un autre enjeu à considérer est celui-ci : en RDC, le cobalt avait été déclaré minerai stratégique en novembre 2018, ce qui implique qu’en tant que tel, sa redevance de 3,5 % à l’exportation passait à 10 % pour profiter, le cas échéant, de sa valeur supérieure sur le marché. Cependant, aucune mesure d’application n’accompagnait cette décision, ce qui rendait sa mise en œuvre au bénéfice du pays difficile. En plus, la volatilité des cours du cobalt n’apporte pas une grande valeur ajoutée au pays. En 2023, le gouvernement a imposé le paiement d’une redevance de 10 %. Cette mesure a provoqué une réaction négative dans l’industrie, contrainte de s’y conformer face à un gouvernement qui n’a toujours pas amélioré sa gouvernance dans le secteur. Ce qui expose les difficultés de la RDC à gérer sa ressource la plus stratégique.

L’exorcisme du cobalt congolais

Vu les défis auxquels est confronté le cobalt congolais, d’aucuns peuvent conclure que « le démon » dans le cobalt congolais n’est pas spirituel ; il est institutionnel, économique et moral et réside dans un ensemble de facteurs structurels :

  • Mauvaise gouvernance et corruption : une part importante des revenus miniers disparaît avant d’atteindre le budget national.
  • Contrats inéquitables : les multinationales étrangères tirent la majorité des bénéfices, souvent avec de faibles retombées locales.
  • Absence de transformation locale : le cobalt est exporté brut, sans valeur ajoutée sur place.
  • Exploitation artisanale précaire et non structurée : des milliers de mineurs travaillent dans des conditions dangereuses, informelles, et sans protection.
  • Faible transparence: les richesses deviennent un instrument de pouvoir plutôt qu’un levier de développement.

L’exorcisme en différentes étapes :

A.  Gouvernance et transparence

  • Créer un fonds souverain du cobalt, géré de manière transparente. Ce fonds pourrait financer des infrastructures, l’éducation et la santé, plutôt que de disparaître dans des circuits opaques.
  • Lutter efficacement contre la corruption grâce à une justice indépendante et à des audits publics réguliers.

B.  Industrialisation et valeur ajoutée locale

  • Créer des zones économiques spéciales dédiées à la transformation locale du cobalt (raffinage, batteries, composants technologiques).

·        Exiger la déclaration des produits dérivés et de leur valeur.

  • Améliorer le secteur énergétique, afin que les industriels commencent à raffiner le cobalt au pays.

    C. Justice sociale et environnementale

    • Régulariser le secteur artisanal en établissant des zones d’exploitation artisanale (ZEA) viables et en le formalisant, offrant ainsi la sécurité et un meilleur moyen de subsistance.
    • Investir dans la reconversion des communautés minières et développer des activités alternatives (agriculture durable, artisanat, services).
    • Protéger l’environnement : les zones minières doivent prévoir un plan clair de réhabilitation écologique et de restauration.

    D. Diplomatie économique congolaise

    • Imposer une « redevance technologique » : chaque entreprise exportant du cobalt congolais pourrait reverser un pourcentage consacré à la R & D qui doit être chapeautée par les universités.
    • Créer un « cartel du cobalt » africain, inspiré de l’OPEP, afin que les pays producteurs aient une meilleure maîtrise des prix et des conditions d’exploitation.

    En conclusion, compte tenu de tous ces facteurs, il est essentiel de se demander si les Congolais ont, d’une manière ou d’une autre, déjà bénéficié des revenus générés par ce minerai essentiel, indépendamment de son u prix. Les sociétés minières mettent en œuvre des projets de développement social au sein des communautés où elles opèrent, dans le cadre de leur mission de responsabilité sociétale. Cependant, quelles sont les implications pour le reste du pays ? Je peux affirmer que les habitants de Mongala, du Kwango et d’autres provinces ne connaissent le cobalt que de nom et ne le considèrent pas comme un actif précieux pour leur subsistance, car ses retombées ne leur parviennent pas. Pourtant, le cobalt doit être exploité au profit de toute la nation. Tout le monde doit s’en réjouir !

    Donc, le vrai exorcisme, c’est le réveil moral : quand le peuple exige des comptes, quand les élites servent et refusent de se servir, le démon prendra la poudre d’escampette. Le cobalt congolais n’est pas possédé. C’est le système autour de lui qui l’est. Donc, la solution réside dans la transparence, la transformation locale, la justice sociale et le nationalisme des ressources. Il est important de noter que le cobalt est une ressource minérale non renouvelable. Si la RDC ne rectifie pas ses insuffisances, le cobalt, comme un véritable esprit maléfique, la hantera jusqu’à son épuisement, prévu pour quelques cinq décennies !

    Références

    Pour toute remarque, observation, correction et tout commentaire, veuillez nous envoyer un email à mkabamba@gmail.com ou un message sur Whatsapp à +1 647 767 8621 ou +243 83 292 5377.

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